« Je cherche à rompre l’ordinaire pour faire surgir l’extraordinaire. Aujourd’hui, je le fais en retirant progressivement tout ce qui n’est plus nécessaire. »
Johanne Cinier est une artiste plasticienne sétoise. Après plusieurs années passées à Paris, elle revient à Sète en 2005, où elle installe son atelier et développe depuis son travail artistique.
Formée au stylisme et au modélisme à Aix-Marseille, elle débute son parcours professionnel dans la mode, notamment chez Givenchy puis Arrow à Paris. Cette expérience nourrit durablement son regard sur les matières, les couleurs, les motifs et la construction des formes.
Sa pratique s’est d’abord développée autour de grandes figures féminines inspirées par l’histoire de l’art, le cinéma, la mode et la culture populaire. Peinture, papiers, textiles, encres, bois et éléments récupérés composent des œuvres denses, dans lesquelles la surface acquiert progressivement du relief.
Au fil des séries, la figure s’efface pour laisser davantage de place à la peinture, aux traces et aux empreintes. Ce déplacement marque un tournant dans son travail, qui évolue vers un geste plus libre et une abstraction plus affirmée. Avec Paradis d’emprunt, des paysages recomposés apparaissent par superpositions, effacements et reprises successives.
La lumière LED traverse certaines œuvres comme une ligne de tension, une fracture ou un signal. Elle prolonge la peinture dans l’espace et participe à une recherche constante : faire surgir des présences spectaculaires et fragiles, nourries par la mémoire, le rêve et les réminiscences d’une culture visuelle des années 1960 et 1970.